Le confort est une sensation de bien-être, physique et mentale, que l'on perçoit par tous les sens : la chaleur ou le froid, la qualité de l'air et ses odeurs, le bruit, la lumière et les couleurs. Avec des épisodes de canicule plus fréquents, le confort d'été est devenu un enjeu aussi important que le chauffage, en particulier dans les écoles, les crèches et les logements. Ce guide présente les principes que nous appliquons pour protéger de la chaleur, renouveler l'air, éclairer et apaiser les lieux, en construction neuve comme en réhabilitation.
Le confort thermique ne dépend pas seulement de la température de l'air. Il tient aussi à la température des parois, à l'humidité, aux mouvements d'air, à l'activité et à l'habillement des occupants. Une pièce à 26 °C peut rester supportable si l'air circule et si les murs restent frais ; elle devient pénible sous une toiture surchauffée. Le confort est aussi olfactif, acoustique et visuel : un air vicié, une salle qui résonne ou une lumière éblouissante fatiguent autant qu'une chaleur excessive.
Nous passons l'essentiel de notre temps à l'intérieur. Les choix de conception et de matériaux ont donc une incidence directe sur la santé, en particulier pour les enfants, plus sensibles à la chaleur et à la qualité de l'air.
La démarche suit un ordre simple : empêcher la chaleur d'entrer, limiter celle que l'on produit, stocker la fraîcheur, puis évacuer la chaleur accumulée. La climatisation n'intervient qu'en dernier recours, lorsque ces leviers ne suffisent pas.
Les usages comptent aussi. Une école est vide en été mais très occupée en juin et en septembre, lorsque les épisodes de chaleur se multiplient ; un logement est surtout occupé le soir et la nuit, quand il faut pouvoir dormir au frais. La stratégie s'adapte à ces rythmes : ventilation traversante des classes en fin de journée, chambres à l'abri du soleil de l'après-midi, protections solaires faciles à manœuvrer par les occupants.
La RE2020 a introduit pour les constructions neuves un indicateur d'inconfort d'été, exprimé en degrés-heures et calculé sur un épisode caniculaire de référence. En réhabilitation, une isolation par l'extérieur bien conçue, associée à des protections solaires, améliore le confort d'été autant que celui d'hiver.
Les abords comptent aussi. Un sol minéral sombre emmagasine la chaleur et la restitue la nuit ; un arbre, une pelouse, un sol perméable rafraîchissent. À Viry-Châtillon, la cour de l'école maternelle Charles-Perrault, qui ne comptait que trois arbres, a été transformée en cour « Oasis » : bandes plantées et palette végétale diversifiée pour créer des îlots de fraîcheur, jeux de parcours en bois, préau ouvert, et une toiture qui rejette les eaux de pluie dans une bande plantée.
L'air intérieur est souvent plus chargé en polluants que l'air extérieur : composés organiques volatils émis par les produits et le mobilier, humidité et moisissures, dioxyde de carbone dans les pièces très occupées. Trois leviers se combinent :
Les établissements qui accueillent de jeunes enfants, crèches et écoles, sont soumis à une surveillance de la qualité de leur air intérieur et à une évaluation régulière de leurs moyens d'aération. À Gometz-le-Châtel, la réhabilitation de l'école maternelle Pablo-Neruda privilégie à l'intérieur les matériaux naturels et biosourcés : linoléum au sol, menuiseries et mobilier intégré en bois. À Bois-d'Arcy, les variantes étudiées pour la réhabilitation de la Résidence Robespierre comprennent une ventilation mécanique hygroréglable.
La lumière naturelle rythme la journée et réduit les consommations d'éclairage. Elle se travaille par l'orientation, la proportion des baies, la profondeur des pièces et la couleur des parois, en évitant l'éblouissement. Dans les classes de l'école Charles-Perrault, à Viry-Châtillon, la réhabilitation crée cinq verrières toute hauteur en menuiseries de bois clair. Au gymnase des Pervenches, à Fontenay-aux-Roses, une façade en polycarbonate apporte la lumière naturelle.
L'acoustique est souvent le parent pauvre des rénovations. Elle comprend l'isolement vis-à-vis de l'extérieur et entre logements, le bruit des équipements et la réverbération des grands volumes : une cantine, une salle de motricité ou un gymnase non traités deviennent vite épuisants. Plafonds et revêtements absorbants, volumes bien proportionnés et équipements silencieux se décident dès la conception, avec un acousticien lorsque l'enjeu le justifie.
Les matériaux hygroscopiques, terre crue, chaux, bois, fibre de bois, absorbent et restituent l'humidité de l'air et participent au confort. Dans les bâtiments anciens, ils sont aussi une question de pérennité : un mur en pierre ou en moellons doit pouvoir sécher. Un enduit étanche ou une isolation mal choisie y piègent l'humidité, au risque de dégrader le mur comme l'air intérieur. C'est l'un des principes du bon matériau au bon endroit : rue Ernestine, à Paris 18e, la façade sur cour d'un immeuble de logements sociaux reçoit une isolation en fibre de bois sous enduit.
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