Un projet urbain se prépare pendant des années et se transforme en chemin. Pour les habitants, les commerçants ou les futurs usagers, il reste souvent abstrait jusqu'à l'arrivée des palissades. Communiquer, ce n'est pas seulement informer de ce qui a été décidé : c'est rendre le projet compréhensible, lui donner une identité, accompagner les temps longs et faire connaître le territoire qu'il transforme. Architectes, urbanistes et graphistes, nous concevons ces outils en même temps que le projet. Voici les questions à se poser.
La concertation associe les habitants à l'élaboration du projet ; la communication le rend lisible et le fait connaître. Les deux se nourrissent : on ne participe bien qu'à un projet que l'on comprend, et une communication qui ignore la parole des habitants sonne creux. Mais il faut les distinguer, pour ne pas présenter comme ouvert ce qui est déjà décidé, ni comme décidé ce qui reste à discuter.
Un projet urbain s'adresse à des publics très différents : riverains inquiets des travaux, commerçants attentifs aux accès, futurs habitants, entreprises, visiteurs, partenaires financiers. Chacun attend des informations différentes, à des moments différents. Un plan de communication commence donc par ces questions : à qui parle-t-on, de quoi, à quel moment du projet, et par quel canal ?
Un nom, un récit, une identité graphique : ces éléments permettent de reconnaître le projet d'un support à l'autre, des premiers ateliers jusqu'à l'inauguration. Le récit compte autant que le logo. Il dit pourquoi le quartier change, ce qui sera conservé, ce que chacun y gagnera, et il doit rester vrai d'une étape à l'autre.
L'identité d'un projet s'appuie sur celle du lieu. À Ollioules, dans le Var, l'agence a participé en 2013, pour le CAUE du Var et au sein d'une équipe dont MHAA était mandataire, à l'étude de couleur générale de la commune et à la mise en place de sa charte couleur, qui distingue des zones de caractère homogène, ainsi qu'à un cahier de prescriptions pour les devantures commerciales du centre-ville. Ces outils, d'abord réglementaires, donnent aussi une image cohérente du centre.
La carte est l'un des supports les plus efficaces pour expliquer un projet : elle situe, relie, montre l'avant et l'après. Pour la ville de Pau, l'agence a réalisé une série de treize cartes à plusieurs échelles pour l'atlas « Pau 2030, un atlas pour demain », publié en 2017, qui donne à voir les grands projets de la ville à l'horizon 2030. Les cartes ont aussi été imprimées sur bois, sur une table de deux mètres sur deux installée à la mairie : un support que l'on parcourt à plusieurs, et qui invite à la discussion.
Les vues, perspectives et axonométries complètent la carte. Elles doivent rester honnêtes : une image trop séduisante, qui gomme les contraintes ou les arbres coupés, se retourne contre le projet quand la réalité apparaît. Nous préférons des images qui montrent les usages et les saisons, et qui annoncent clairement ce qui relève de l'intention.
Un support n'est utile que s'il est lu. Des textes courts, des mots du quotidien, des légendes claires et des contrastes suffisants rendent l'information accessible au plus grand nombre ; des versions simplifiées, traduites ou en gros caractères touchent ceux qu'une plaquette classique laisse de côté. Les versions numériques doivent rester lisibles sur un téléphone et compatibles avec les outils d'accessibilité.
Une exposition, une maison du projet, un local en rez-de-chaussée ouvert pendant les études et le chantier : un lieu physique donne au projet une adresse et un interlocuteur. À Suresnes, l'agence a réaménagé en 2025 le rez-de-chaussée du Château de la Grève pour accueillir la Maison du tourisme et des projets. Organisé en séquences, accueil, documentation, exposition et espace de concertation, ce lieu est conçu comme une vitrine du territoire et un espace de dialogue entre la Ville et ses habitants, où se tiennent des temps de concertation, des présentations de projets urbains et des dispositifs d'information publique.
Le chantier est lui aussi un lieu de communication. Les palissades peuvent expliquer ce qui se construit et montrer le projet achevé ; un calendrier des nuisances, des lettres d'information et un interlocuteur identifié pour les riverains évitent bien des tensions ; des visites font découvrir l'envers du décor. C'est souvent à ce moment que se joue l'image du projet.
La signalétique prolonge le projet dans l'espace public. Elle oriente, mais elle raconte aussi le territoire. À Le Val, dans le Var, l'agence a conduit en 2017, pour la commune et le CAUE du Var, une étude urbaine qui repense la signalétique de la commune en développement, avec des supports conçus pour mettre en valeur son patrimoine. Les emplacements font l'objet d'une cartographie stratégique, et deux cartes de localisation ont été proposées : l'une pensée pour l'automobiliste, l'autre pour le piéton. L'étude abordait aussi le stationnement, les mobilités dans la commune et les parcours touristiques.
Le marketing territorial cherche à rendre un territoire attractif pour ceux qui pourraient y habiter, y investir, y travailler ou le visiter. Il n'a de sens que s'il repose sur des qualités réelles et partagées par ceux qui y vivent. Une campagne peut aussi s'adresser aux habitants eux-mêmes : à Dijon, en 2015, pour l'association des commerçants, l'agence a donné une image ludique aux monuments du centre-ville, alors délaissé par ses habitants, dans la campagne « J'ai le ticket avec mon commerçant ».
Une démarche de marketing territorial se construit avec les acteurs locaux, commerçants, associations, entreprises, office de tourisme, qui en seront les relais. Elle gagne à s'appuyer sur ce que les projets changent concrètement : une place rénovée, un équipement ouvert, une rue rendue aux piétons.
Architectes, urbanistes et graphistes, nous concevons les supports d'un projet en même temps que le projet lui-même : cartes, images, expositions, signalétique, identité. Découvrez nos études pour les collectivités, le guide Cartographier un territoire, le guide Revitaliser un centre-ville, ou contactez l'agence.
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