Vu d'en haut, un site révèle ce que l'on ne voit pas depuis la rue : l'état des toitures, la forme des cœurs d'îlot, la continuité des arbres, la manière dont un bâtiment s'est agrandi au fil du temps. Longtemps réservée aux campagnes aériennes, cette vue est aujourd'hui accessible grâce aux orthophotographies en libre accès et aux drones légers. Elle demande pourtant de la méthode et le respect de règles strictes, de sécurité comme de vie privée. Voici comment nous l'utilisons, du diagnostic à la concertation.
La vue d'en haut est d'abord un outil de lecture. Elle montre la structure d'un quartier, ses rues, ses cœurs d'îlot, ses cours et ses jardins, les continuités végétales et les surfaces imperméabilisées, la manière dont un ensemble bâti s'est constitué par ajouts successifs. Elle donne aussi accès aux parties d'un bâtiment invisibles depuis le sol : couvertures, souches de cheminée, chéneaux, toitures-terrasses, verrières.
Pour un diagnostic, elle complète la visite sans la remplacer. Elle aide à préparer le relevé, à repérer les désordres visibles et à décider où porter les investigations : sondages, échafaudage, nacelle, intervention d'un couvreur ou d'un bureau d'études structure. Elle évite parfois d'installer un moyen d'accès coûteux pour un simple constat.
Les orthophotographies sont des photographies aériennes verticales, corrigées pour se superposer exactement aux cartes. Celles de l'IGN couvrent tout le territoire et sont en libre accès. Le service « Remonter le temps » permet de comparer les campagnes successives sur plusieurs décennies et de mesurer l'évolution d'un site : une parcelle bâtie, un bois défriché, un quartier sorti de terre. Elles constituent le fond de nos cartes de diagnostic à l'échelle d'un quartier ou d'une commune.
Prises en biais, depuis un drone ou un aéronef, les vues obliques restituent le volume des bâtiments, les façades et le relief. Elles parlent immédiatement à un public non spécialiste, ce qui en fait un support précieux pour les réunions publiques et les documents de concertation.
À partir d'une série de photographies qui se recouvrent, la photogrammétrie reconstitue un modèle en trois dimensions d'un bâtiment ou d'un site. Le programme LiDAR HD de l'IGN, qui relève le territoire par laser aéroporté, met progressivement à disposition des modèles du relief et des volumes bâtis. Ces données servent aux études d'insertion, d'ensoleillement et d'ombres portées, ou de gestion des eaux pluviales.
L'agence dispose d'un drone léger, de moins de 250 grammes, qu'elle utilise pour le diagnostic des parties hautes des bâtiments, en restant à l'aplomb des toitures étudiées.
Dans le 12e arrondissement de Paris, le diagnostic préalable au ravalement d'un immeuble faubourien du XIXe siècle, situé dans les abords de monuments historiques, s'est appuyé sur un relevé photographique par drone et sur l'expertise d'un bureau d'études structure. À Bois-d'Arcy, pour la réhabilitation de la Résidence Robespierre, trente logements sociaux de Seqens, une vue par drone prise en octobre 2025 montre la toiture-terrasse et le paysage alentour, au moment du diagnostic architectural, technique et thermique.
À l'échelle urbaine, la vue aérienne aide à comprendre un bâtiment dans sa ville. À Bourbonne-les-Bains, pour l'étude de reconversion de l'ancien Refuge des Cheminots menée pour l'Établissement public foncier de Grand Est, les vues aériennes situent l'édifice, construit par ajouts successifs, dans la ville thermale, entre la place des Bains et le parc. À Bruyères-le-Châtel, des vues du ciel de l'état existant montrent les quatre bâtiments agricoles des Fermettes dispersés sous les arbres du parc du château, avant leur transformation en pôle culturel.
L'usage des drones est encadré par une réglementation européenne, appliquée en France depuis le 31 décembre 2020, complétée par des règles nationales. Quelques principes structurent chaque mission :
Une image aérienne capte plus que le bâtiment étudié : des cours, des jardins, des terrasses, parfois des personnes. Le respect de la vie privée et du droit à l'image s'impose, comme les règles sur les données personnelles lorsque des personnes sont identifiables. Nous limitons le cadrage au site étudié, nous évitons de capter l'intérieur des logements et les personnes, et nous floutons ce qui doit l'être avant toute diffusion. Il nous est arrivé de renoncer à publier la vue aérienne d'un immeuble parce que des balcons occupés y étaient visibles : une autre photographie du site l'a remplacée.
Les images servent d'abord le projet et ses acteurs. Leur diffusion publique, sur un site internet ou dans une exposition, se décide au cas par cas avec le maître d'ouvrage.
Dans une réunion publique, une vue aérienne du quartier suscite immédiatement des réactions : chacun cherche sa rue, son immeuble, son école. C'est un point de départ efficace pour parler des usages, des parcours et des lieux à transformer. Associée à des cartes et à des vues prises depuis le sol, elle aide à passer de l'échelle du quartier à celle du projet.
En chantier, des prises de vue répétées depuis le même point montrent l'avancement des travaux et documentent des ouvrages qui seront ensuite cachés, comme l'étanchéité d'une toiture-terrasse ou des réseaux enterrés.
L'agence intègre l'image aérienne à ses diagnostics architecturaux et urbains, à ses études de programmation et à ses dispositifs de concertation, en lien avec les cartes et les relevés de terrain. Découvrez nos missions pour les collectivités, nos projets de logements collectifs, ou contactez l'agence.
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