Une large part du territoire français est exposée aux inondations, et le changement climatique rend les pluies intenses plus fréquentes. Construire ou transformer dans une zone inondable reste souvent possible, mais à des conditions précises : connaître le risque, respecter le plan de prévention, concevoir des bâtiments qui supportent l'eau et se remettent vite en service, et organiser les quartiers pour ne pas aggraver la situation en aval. Ce guide présente ces étapes, de la parcelle au territoire.
Il n'existe pas une inondation, mais plusieurs : le débordement d'un cours d'eau, le ruissellement après un orage, la remontée d'une nappe phréatique, la submersion marine sur le littoral. Chacune appelle des réponses différentes, et un même site peut être exposé à plusieurs d'entre elles.
Le premier travail consiste donc à rassembler l'information existante : plan de prévention du risque inondation, atlas des zones inondables, cartes des territoires à risque important, repères de crues historiques, données de la commune et du syndicat de rivière. Le site public Géorisques permet une première lecture à l'adresse d'un terrain. Lors d'une vente ou d'une location, un état des risques doit d'ailleurs être remis à l'acquéreur ou au locataire.
Pour un projet d'aménagement, cette connaissance se complète par des études hydrauliques : hauteur d'eau, vitesse d'écoulement, durée de submersion, chemins de l'eau sur le site.
Le plan de prévention du risque inondation (PPRI), élaboré par l'État, est annexé au plan local d'urbanisme comme servitude. Il délimite des zones selon l'intensité de l'aléa et les enjeux :
Les règles portent le plus souvent sur la cote de référence, niveau de la crue retenue au-dessus duquel doivent se trouver les planchers habitables, sur l'interdiction des sous-sols, sur l'emprise au sol, sur les remblais qui réduiraient le champ d'expansion des crues, et sur les mesures de réduction de la vulnérabilité des bâtiments existants. Le PPRI s'ajoute au règlement du PLU : un projet doit satisfaire les deux.
Un bâtiment conçu pour une zone inondable cherche moins à empêcher l'eau d'entrer qu'à limiter les dommages et à permettre un retour rapide à la normale.
Pour les bâtiments existants, le plan de prévention peut prescrire des mesures de réduction de la vulnérabilité : batardeaux amovibles devant les ouvertures, clapets anti-retour sur les évacuations, remontée des prises et des équipements. Une rénovation est le bon moment pour les intégrer, comme pour remplacer les matériaux sensibles des niveaux exposés.
À Croissy-sur-Seine, la maison de 1950 que l'agence a rénovée face au fleuve illustre la première de ces règles : surélevée pour s'adapter à la zone inondable, elle accueille ses étages de vie à partir du premier étage, sur un terrain couvert par un plan de prévention du risque d'inondation.
La résilience d'un territoire se joue au-delà de chaque parcelle. Les choix d'aménagement peuvent aggraver le risque, en imperméabilisant les sols et en accélérant le ruissellement, ou au contraire le réduire :
L'objectif de zéro artificialisation nette pousse à reconstruire la ville sur elle-même, y compris sur d'anciens sites industriels en bord de rivière : leur reconversion doit intégrer le risque dès les premières études, plutôt que de le traiter comme une contrainte de dernière minute.
Les intercommunalités sont chargées de la gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations, et beaucoup de territoires engagent des programmes d'actions de prévention. Les urbanistes traduisent ces enjeux dans les documents d'urbanisme et les projets d'aménagement : orientations d'aménagement, règles d'implantation, place donnée au paysage et à l'eau. Ils travaillent avec les hydrauliciens, les paysagistes, les écologues et les services de l'État, et associent les habitants, dont la connaissance des crues passées est précieuse.
Les architectes, eux, conçoivent des bâtiments qui respectent ces règles sans renoncer à la qualité de vie : des rez-de-chaussée qui gardent un rapport à la rue malgré la surélévation, des espaces extérieurs agréables qui servent aussi à retenir l'eau.
Architectes et urbanistes, nous accompagnons les collectivités, notamment dans les Yvelines et les Hauts-de-Seine, dans leurs études urbaines et paysagères. Lisez aussi nos guides sur le plan de paysage et la requalification des friches industrielles, ou contactez l'agence.
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